Quentin Vaulot est un jeune designer diplômé de l’ENSCI. Lorsque que la matière physique des objets adopte des propriétés similaires à la matière numérique et qu’elle devient programmable en temps réel, le système des objets traditionnels est bouleversé. Désormais l’objet s’adapte dans ses formes et représentations aux désirs de l’utilisateur. Ainsi à l’inverse des objets classiques qui suggèrent des usages, c’est à l’utilisateur de façonner son objet, d’en définir les symboles pour en définir les réglages. L’objet à référencer suggère la création de nouveau langage car la flexibilité de ses représentations permet à l’utilisateur une capacitation, un empowerment pour produire et exprimer des imaginaires. L’objet devient un pur médium d’expression et donc de réflexibilité. On passe d’un système forme-fonction à un système forme-usage. Comme disait Simondon « ce ne sont plus des objets à intention utilisatrice mais des objets à intention fabricatrice ». C’est un méta-design. Ce projet anticipe la recherche sur les matériaux intelligents et notamment un projet du Carnegie Mellon University en partenariat. C’est une perspective des nouvelles interfaces de demain, qui, suite à la notion d’audio et de vidéo, sont appelées « interface Pario », signifiant en latin : la genèse, la naissance. Quand le design s’en mêle: ainsi contrairement au système des objets selon Baudrillard, qui condamnait l’explosion des codes et des symboles lié au post modernisme, ici les objets n’ont plus de formes, plus de symboles, plus d’icônes, plus de commandes. Alors finalement quelle esthétique donner à ces objets ? C’est sans aucun doute un des prochains défi du design.
Observeur du design 2010